La presse doit changer de ligne, de rapport au lecteur, d’organisation… si elle veut survivre !

La presse va mourir, nous dit-on. L’argent ne rentre plus, elle peine à se renouveler, à retisser des liens avec ses lecteurs, à réapprendre à écrire (et à vérifier ses informations). C’est en partie vrai, en partie faux. La prédiction autant que les solutions préconisées.

6 mars 2020 – Deux séries de chiffres, publiées à quelques semaines d’intervalle, plaident pour un regain d’énergie des médias, qu’ils soient petits ou plus grands : la croissance des abonnements numériques et le dernier classement de l’ACPM du nombre de visiteurs pour le mois de janvier.

Le premier raconte la vivacité des grands médias à “attraper de l’abonné”, le second que beaucoup de gens sont venus visiter “les médias” en janvier (avec une comparaison d’un mois sur l’autre, et non d’une année sur l’autre qui aurait un peu plus de sens).

Alors oui, certains titres, qui, à grand renfort de levée de fonds ou de recapitalisation renflouent leurs caisses, vont bien finir, un jour, par mourir.

Quand l’État prendra à bras le corps la question des subventions, des monopoles qui n’en sont plus, tels les AJL autrefois réservées à la presse papier et depuis quelques semaines sont ouvertes aussi à la presse en ligne, la survie de titres dont le modèle économique repose parfois exclusivement sur ces subsides étatiques ne sera plus garantie. Ils sont rares, mais quand même. Fin de la parenthèse.

Tous les autres ou presque, peuvent survivre. S’ils entament une longue introspection consistant en un questionnement de leur fonctionnement, leurs avancées en matière de modèle économique, l’emballage de leurs produits, et leurs produits eux-mêmes.

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Abonnements en ligne : 7 illusions qui entravent l’acquisition

La presse en ligne française peine globalement à faire payer les lecteurs, à part quelques-uns. Notamment en raisons de ces illusions tenaces.

Le 28 février 2020 – Mind a fait le point le 25 février 2020 sur le nombre d’abonnés purs numériques des principaux acteurs de la presse française.

 

Les chiffres montrent une belle progression des quatre leaders L’Equipe, Le Monde, Médiapart et Le Figaro. Il manque juste Que Choisir (175 000 abonnés numériques en janvier 2019). Et un énorme écart avec leurs suivants, y compris pour des titres puissants et connus de longue date sur le web (Le Parisien, Libération, L’Express).

Une difficulté qui tranche avec le succès relatif de Brief.me qui, avec une petite équipe, est parvenu à convaincre 8500 abonnés en quelques années.

Qu’est-ce qui empêche donc des marques médias fortes de décoller, hormis le contexte économique morose, l’emprise encore forte de la culture du gratuit et la profusion d’une concurrence pléthorique gratuite sur les contenus ?

J’ai identifié quelques idées fausses qui expliquent en partie les difficultés de certains éditeurs à engranger davantage de lecteurs payants.

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Accélération de l’information, course à l’audience… comment l’infobésité nous a intoxiqués

Depuis le milieu des années 90, l’accélération de l’information produit de profonds déséquilibres sociologiques, psychologiques ou politiques. Que s’est-il passé ? Et comment y remédier ?

19/11/2019. C’est en 1994, que se produit le premier mouvement d’accélération de l’information depuis l’irruption de la télévision dans les années soixante (en France).

On le doit au lancement de LCI – la chaîne d’information en continu de TF1 – qui bénéficie dès l’origine d’un évènement qui va la propulser : l’assaut par le GIGN d’un Airbus A300 le 24 décembre à Paris pour libérer les otages d’un commando du FIS (Front islamique du salut). 

Le traitement de l’information en direct, via des éditions spéciales vient d’être inauguré et sera repris par iTélé (1999), puis BFM en 2010. Cette dernière pousse la logique du direct encore plus loin, en envoyant systématiquement des reporters couvrir l’évènement sur place, y compris lorsqu’il n’y a encore rien à raconter.

Entre temps, le développement du web début des années 2000 accélère lui aussi le traitement de l’information par rapport à la presse écrite. Les rédactions rivées à l’écran de LCI ou de iTélé, au flux de dépêches AFP ou aux informations envoyées par leurs journalistes sur le terrain, peuvent publier l’information sur le site web, dans les minutes qui suivent leur réception. Plus besoin d’attendre le bouclage, la publication est immédiate grâce au nouveau canal électronique.

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Presse en ligne : 10 conseils pour parvenir à faire payer les lecteurs sur Internet

kiosque payant presse rue Angleterre

©r4vi en CC via Flickr.com

Enfants gâtés de la gratuité, nous, internautes, sommes aujourd’hui majoritairement rétifs à payer pour de l’information. Pas impossible, mais pas pour toutes les informations et pas à n’importe quel prix.

14/03/19. Pourquoi paierait-on pour une information qu’une foule de sites proposent gratuitement ? La concurrence des blogs et sites de “curation”, au premier rang desquels Google Actualités – qui resservent plus ou moins légalement le travail des autres – démonétise l’information. Sans parler des réseaux sociaux qui deviennent les premiers distributeurs de la presse en ligne, et prélèvent une part croissante du marché publicitaire, au détriment des producteurs.

Et pourquoi devrait-on soudainement payer pour ce que la quasi-totalité des médias ont offert pendant de longues années ?

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La qualité des contenus ne suffira pas à sauver la presse

 

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

La qualité ne suffira pas à sauver la presse ©zarkodrincic vis Flickr.com

Du 5 au 7 novembre 2013 se sont tenues à Metz les 7e Assises du journalisme autour du thème “réinventons le journalisme”. Une formulation qui laisse entendre que les contenus proposés ne sont plus adaptés à la demande des lecteurs, ce qui n’est qu’un aspect du problème et sans doute pas le principal.

Pour Edwy Plenel, créateur de Médiapart et Patrick de Saint Exupéry, qui a lancé le magazine XXI, il ne s’agit pas tant de réinventer le journalisme que de revenir à ses sources. L’investigation, le reportage au long cours, la profondeur… Autant de gages de qualité selon eux, seuls susceptibles de convaincre des acheteurs.

Car c’est aussi l’un des messages forts d’Edwy Plenel depuis longtemps : le bon journalisme ne peut être gratuit, car il coûte cher à produire. Par ailleurs, rien n’est jamais gratuit et comme dirait l’autre : “si le produit est gratuit, c’est que le produit, c’est vous”. De fait, le modèle fremium en matière d’actualité sur le web s’est brisé sur la redondance de l’information, sur la concurrence de l’offre et la chute consécutive des tarifs publicitaires.

Les deux figures du journalisme à l’ancienne, forts de leurs résultats probants, invitent donc triomphalement l’ensemble de la presse à les imiter et à reprendre leurs méthodes : une presse citoyenne exigeante, sérieuse (et chère).

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Journalistes, réjouissons-nous, les machines nous piquent notre job !

Crédit photo ©Randychiu via Flickr

Crédit photo ©randuchiu via Flickr 

Les outils d’optimisation éditoriale se multiplient, les algorithmes de recommandation de contenus s’améliorent. Même l’écriture d’articles s’automatise… Il est temps de repenser le rôle des producteurs de contenus, face à cette sérieuse concurrence technologique.

La combinaison du cloud, de la mobilité et de la puissance de calcul bouleversent profondément les métiers de l’information. Les fameux algorithmes de traitement de l’information, de plus en plus performants sur le plan sémantique, sont désormais capables d’agréger des contenus de manière automatique, voire même, d’écrire tout seuls !

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Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (1/2)

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Le Geste organisait une série de tables rondes jeudi 25 avril autour de l’évolution des modèles économiques de la presse. Une matinée entamée par David Targy, spécialiste de l’analyse sectorielle, qui a d’abord réalisé un état des lieux chiffré. Avant d’aborder les défis qui attendent la presse en ligne : audience, monétisation, diversification. Première partie du dossier (en 2 articles).

PRESSE EN LIGNE : UN NAIN EN TERMES DE CHIFFRE D’AFFAIRE ET D’EFFECTIFS

Le secteur est assez concentré : il existe plusieurs centaines d’éditeurs, mais seulement une trentaine qui ont un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros. Le top 10 des sites représente 62% du chiffre d’affaire du secteur.

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Le Monde se lance à la conquête de nouveaux abonnés et des nouveaux usages

L'édition de type print ©Le Monde

Le Monde a dévoilé vendredi 5 avril la nouvelle formule en ligne dédiée à ses abonnés. Un an après avoir relifté la version gratuite, le groupe cherche à consolider son modèle mixte en étoffant son offre payante, afin de recruter de nouveaux abonnés.

Le monde.fr compte quelque 40 000 abonnés 100% digitaux, et environ 60 000 abonnés papier qui ont activé leur abonnement digital. L’objectif affiché est de quintupler ce chiffre en trois ans, soit de recruter 200 000 abonnés purement numériques, explique Louis Dreyfus, président du directoire.

L’effort a été porté sur une ergonomie de lecture plus grande et la prise en compte des nouveaux usages sur PC, tablette et mobile. Tout en conservant ce qui fait l’adn du Monde : la hiérarchisation de l’information.

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