La presse doit changer de ligne, de rapport au lecteur, d’organisation… si elle veut survivre !

La presse va mourir, nous dit-on. L’argent ne rentre plus, elle peine à se renouveler, à retisser des liens avec ses lecteurs, à réapprendre à écrire (et à vérifier ses informations). C’est en partie vrai, en partie faux. La prédiction autant que les solutions préconisées.

6 mars 2020 – Deux séries de chiffres, publiées à quelques semaines d’intervalle, plaident pour un regain d’énergie des médias, qu’ils soient petits ou plus grands : la croissance des abonnements numériques et le dernier classement de l’ACPM du nombre de visiteurs pour le mois de janvier.

Le premier raconte la vivacité des grands médias à “attraper de l’abonné”, le second que beaucoup de gens sont venus visiter “les médias” en janvier (avec une comparaison d’un mois sur l’autre, et non d’une année sur l’autre qui aurait un peu plus de sens).

Alors oui, certains titres, qui, à grand renfort de levée de fonds ou de recapitalisation renflouent leurs caisses, vont bien finir, un jour, par mourir.

Quand l’État prendra à bras le corps la question des subventions, des monopoles qui n’en sont plus, tels les AJL autrefois réservées à la presse papier et depuis quelques semaines sont ouvertes aussi à la presse en ligne, la survie de titres dont le modèle économique repose parfois exclusivement sur ces subsides étatiques ne sera plus garantie. Ils sont rares, mais quand même. Fin de la parenthèse.

Tous les autres ou presque, peuvent survivre. S’ils entament une longue introspection consistant en un questionnement de leur fonctionnement, leurs avancées en matière de modèle économique, l’emballage de leurs produits, et leurs produits eux-mêmes.

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Information des Français en 2019 : des disparités d’usage qui s’accentuent

Quels sont les modes d’information des Français à la veille de 2020 ? Le dernier rapport de l’Arcep apporte beaucoup d’enseignements, des confirmations et balaye quelques idées reçues.

7 décembre 2019. J’ai mis la main aujourd’hui sur la 19e édition du baromètre numérique de l’Arcep et l’Agence du numérique paru le 27 novembre 2019. Si intéressant, que je me suis surpris à en faire un décryptage détaillé, via un thread sur Twitter.

 Voici la synthèse de ce fil de tweets, en 16 points clés.

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Accélération de l’information, course à l’audience… comment l’infobésité nous a intoxiqués

Depuis le milieu des années 90, l’accélération de l’information produit de profonds déséquilibres sociologiques, psychologiques ou politiques. Que s’est-il passé ? Et comment y remédier ?

19/11/2019. C’est en 1994, que se produit le premier mouvement d’accélération de l’information depuis l’irruption de la télévision dans les années soixante (en France).

On le doit au lancement de LCI – la chaîne d’information en continu de TF1 – qui bénéficie dès l’origine d’un évènement qui va la propulser : l’assaut par le GIGN d’un Airbus A300 le 24 décembre à Paris pour libérer les otages d’un commando du FIS (Front islamique du salut). 

Le traitement de l’information en direct, via des éditions spéciales vient d’être inauguré et sera repris par iTélé (1999), puis BFM en 2010. Cette dernière pousse la logique du direct encore plus loin, en envoyant systématiquement des reporters couvrir l’évènement sur place, y compris lorsqu’il n’y a encore rien à raconter.

Entre temps, le développement du web début des années 2000 accélère lui aussi le traitement de l’information par rapport à la presse écrite. Les rédactions rivées à l’écran de LCI ou de iTélé, au flux de dépêches AFP ou aux informations envoyées par leurs journalistes sur le terrain, peuvent publier l’information sur le site web, dans les minutes qui suivent leur réception. Plus besoin d’attendre le bouclage, la publication est immédiate grâce au nouveau canal électronique.

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Révolutions de l’information : comment la technologie a tué le cyberflâneur

La technologie a produit plusieurs révolutions de l’information. La recherche par mots-clés a consacré la logique utilitaire. Puis sont venus Facebook et le smartphone pour enterrer la navigation aléatoire, la sérendipité.

4/09/19. L’internaute ne subit plus l’agenda des informations descendantes en provenance des médias traditionnels (presse, radio, télé, web). Depuis les années 2000, et l’apparition des moteurs de recherche, AltaVista d’abord, détrôné vite par Google, il opère ses propres choix. Désormais il va chercher les informations qui l’intéressent sur des sujets et des préoccupations personnelles. 

Avec la recherche web, s’est développé un usage beaucoup plus fonctionnel d’Internet. Fini les déambulations et la flânerie web, désormais on directement sur la page qui nous intéresse et qui correspond à notre besoin précis : “mal de dos”, “vélo électrique” etc. 

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Twitter “a changé” : fin de l’utopie de la conversation géniale pour tous

Twitter n’est plus que polémiques, procès, indignations, harcèlement… L’utopie de la conversation joyeuse s’est fracassée sur la violence des rapports de force. Que s’est-il passé ?

28/08/19. “Twitter c’était mieux avant”, combien de fois ai-je lu récemment cette complainte de la part des anciens utilisateurs du réseau social !

Pour comprendre ce sentiment nostalgique – que je partage en partie – de la part des “early adopters”, il faut revenir aux débuts de l’outil et de ses utilisateurs.

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Le bonheur pour tous, la géniale invention libérale et totalitaire

Les injonctions au bonheur foisonnent sur les réseaux sociaux via les visuels inspirationnels, notamment. On les retrouve aussi dans l’abondante littérature en développement personnel, ou même en entreprise. Et pour cause : c’est une invention du libéralisme, pour son propre bien.

22/07/19. Dans son excellent billet, Sophie Gourion se demande si le bonheur est soluble dans les visuels aspirationnels.

« Du « chief hapiness officer » à tous les gourous du développement personnel et autres vendeurs de pelles : tout le monde a compris qu’il y avait un potentiel de business fructueux derrière la promesse du bonheur ».

Sophie souligne fort justement le côté très culpabilisant de ces injonctions au bonheur qui pullulent sur les réseaux sociaux, comme ci-dessous : « Le bonheur ne résulte pas de ce que l’on obtient, mais de ce que l’on donne”.

Toutes ces petites phrases apparemment anodines et positives constituent en réalité une double peine pour la personne qui les lit . « Non seulement elle souffre mais elle culpabilise en se disant qu’elle ne doit son malheur qu’à elle-même » explique Sophie avec justesse.

Et pour cause : elles sont le fruit du néo-libéralisme anglo-saxon.

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Information locale : produire des contenus plus accrocheurs et engageants (1/3)

Quels contenus pour séduire le lecteur de presse locale à l’heure de l’infobésité ? C’était l’une des questions auxquelles ont répondu les intervenants du festival de l’info locale, à Nantes les 27 et 28 juin 2019. Formats longs, podcasts, stories, newsgames… Les conférences et débats ont fourmillé d’idées et de conseils.

4/7/19. Dense, riche, concret orienté. Voilà la première impression qui me vient à l’issue de ces deux jours passionnants dans les magnifiques locaux de Sciences Com. Jugez plutôt : près de 70 ateliers, débats ou conférences, 80 intervenants francophones et anglophones… Le tout organisé à un rythme soutenu, sans doute influencé par les Media Speed Training organisés par le même Ouest Medialab tous les ans.

Il valait donc mieux ne pas traîner dans les couloirs entre chaque session, pour ne rien rater ! Et avoir bien fixé ses priorités car trois événements avaient lieu simultanément.

La bonne idée des organisateurs : concevoir la programmation en cinq thèmes qui touchaient aux différentes problématiques des médias (et pas que l’aspect éditorial) :

  • Développer ses contenus
  • Interagir avec le public
  • Animer ses équipes
  • Monétiser ses contenus
  • Diversifier ses activités

PREMIER VOLET : LES CONTENUS ET FORMATS ACCROCHEURS ET ENGAGEANTS 

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Réseaux sociaux : comment l’hyper-socialisation accentue la division

La cohésion laisse place à l'affrontement social -

L’utopie selon laquelle plus on communique, plus on apaise les conflits, a vécu. En réalité, on observe actuellement le contraire.

24/12/17. Il y a 25 ans, Philippe Breton dénonçait déjà dans “l’utopie de la communication” cette croyance selon laquelle, plus on communique, mieux ça vaut. Idée qui était à la base de l’idéologie cybernétique : tout blocage d’un système vient d’un problème de circulation de l’information.

Aujourd’hui, TV, radio, internet, réseaux sociaux, mobile… L’information est permanente, on n’y échappe pas. Pourtant Il faut être aveugle pour ne pas voir les tensions séparatistes qui traversent la société française.

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Réseaux sociaux, nouvelles technos : la fin programmée de notre mémoire ?

mémoire et cerveau, l'externalisation dangereuse ?

©hexstudio via flickr.com

Internet et les réseaux sociaux enregistrent des données prodigieuses, parfois au détriment de la vie privée. Pourtant, la valeur mémoire, elle, s’affaiblit.

(Maj le 18 février 2017 d’un article du 10 janvier 2010)

Les bases de données se sont développées de façon incroyable ces 15 dernières années, comme le montre cette infographie. Elles permettent une extension spectaculaire de notre mémoire et notre savoir.

Ainsi l’INA, la BNF via Gallica ou encore les archives de France donnent accès à notre histoire de façon très simple. Ceci, grâce aux moteurs de recherche et au téléchargement de documents.

De même, les bases documentaires comme Legifrance, le Journal officiel, ou encore les revues scientifiques de Persée, étendent nos capacités cognitives. Tout cela constitue une mémoire de la connaissance tout simplement sidérante.

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