Les instruits toujours mieux informés, pour les autres, il y a Facebook et Hanouna

En 2010, je dénonçais l’apparition de chapelles d’information réservées aux élites instruites, les “ghettos culturels” de riches. Sept ans plus tard, les inégalités d’accès à l’information se sont encore accentuées.

L’ère du tout gratuit de l’information a vécu, avec la fin du mythe du financement unique par la publicité. Il ne reste guère que quelques titres en ligne comme 20 minutes pour proposer un accès entièrement gratuit à leurs contenus. L’information de qualité est désormais sous clé.

En France, 95% des quotidiens et hebdos sont passés en payant ou en modèle mixte (une partie des articles gratuits, une partie payante). C’est ce que révèle cette étude 2017 du Reuters Institute.

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Non, le buzz de la robe n’est pas (forcément) le naufrage du journalisme !

Le buzz de la robe de couleur, naufrage du journalisme ? ©wheatfields via Flickr.com

Le buzz de la robe de couleur, naufrage du journalisme ? ©jonathan-leung via Flickr.com

L’histoire de la couleur de la robe reprise par tous les médias mondiaux montre la contagion de la ligne éditoriale de Buzzfeed sur l’ensemble de l’information planétaire. Ce n’est pas la fin programmée du journalisme. A condition de détourner l’arme du “buzz” à d’autres fins.

La robe est-elle bleu et noir ou blanc et or ? Voici la question essentielle qui a occupé une bonne part des internautes et socionautes ces derniers jours. Diffusée initialement sur un obscur Tumblr américain, la question est devenue en quelques heures une véritable “affaire”, une fois reprise par Buzzfeed. Rapidement, le sujet viral se répand à travers le monde, ce qui fait dire à Digiday, que le géant du divertissement a contaminé tous les médias avec ses sujets LOL et creux.

Le premier réflexe est de se désoler de ce phénomène en constatant combien la course à l’audience pervertit les lignes éditoriales, y compris de titres sérieux comme Le Monde. Avec le buzz, on n’est plus dans la hiérarchie de l’info, mais dans le suivisme social. On relaie ce qui plait. N’est-ce pas un renoncement journalistique désastreux ? Il y a plusieurs raisons de nuancer ce cri d’horreur spontané qui nous vient.

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