Accélération de l’information, course à l’audience… comment l’infobésité nous a intoxiqués

Depuis le milieu des années 90, l’accélération de l’information produit de profonds déséquilibres sociologiques, psychologiques ou politiques. Que s’est-il passé ? Et comment y remédier ?

19/11/2019. C’est en 1994, que se produit le premier mouvement d’accélération de l’information depuis l’irruption de la télévision dans les années soixante (en France).

On le doit au lancement de LCI – la chaîne d’information en continu de TF1 – qui bénéficie dès l’origine d’un évènement qui va la propulser : l’assaut par le GIGN d’un Airbus A300 le 24 décembre à Paris pour libérer les otages d’un commando du FIS (Front islamique du salut). 

Le traitement de l’information en direct, via des éditions spéciales vient d’être inauguré et sera repris par iTélé (1999), puis BFM en 2010. Cette dernière pousse la logique du direct encore plus loin, en envoyant systématiquement des reporters couvrir l’évènement sur place, y compris lorsqu’il n’y a encore rien à raconter.

Entre temps, le développement du web début des années 2000 accélère lui aussi le traitement de l’information par rapport à la presse écrite. Les rédactions rivées à l’écran de LCI ou de iTélé, au flux de dépêches AFP ou aux informations envoyées par leurs journalistes sur le terrain, peuvent publier l’information sur le site web, dans les minutes qui suivent leur réception. Plus besoin d’attendre le bouclage, la publication est immédiate grâce au nouveau canal électronique.

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Presse en ligne : l’agrégation d’actualités n’est pas la solution (mais peut être utile)

Blendle cesse la vente à l’unité d’articles de presse. Fin d’un modèle d’affaire qui promettait de renouveler le lectorat, et de générer des revenus. Mais même l’abonnement global ne suffira pas à financer les médias.

Publié le 10 juin 2019, actualisé le 2 août 2019.

L’agrégateur d’actualités néerlandais Blendle change de modèle économique à compter d’août 2019. Les clients ne pourront plus acheter d’article à l’unité, mais devront s’abonner à un accès illimité pour 9.99 euros/mois.

Ceci permettra aux lecteurs d’accéder à pas moins de 161 journaux et magazines. Blendle espère atteindre 100.000 abonnés – son seuil de rentabilité – alors qu’il n’a pour l’instant que 50.000 clients occasionnels ou réguliers.

C’est un petit coup de semonce dans le Landerneau des éditeurs en ligne. Blendle, avec sa vente à l’article, faisait figure d’exception européenne et intriguait les éditeurs sur l’opportunité d’offrir eux-aussi cette possibilité aux internautes.

L’idée semblait pourtant intéressante sur le papier. Elle consistait à élargir sa base de prospects, et de récupérer des revenus substantiels par l’accumulation de micro-ventes qui n’auraient pas eu lieu s’il avait fallu acheter le journal entier, et encore moins s’abonner. Principe classique du « petits ruisseaux qui font les grandes rivières »

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Médias, ce n’est pas le moment d’abandonner les commentaires, ni l’interaction avec vos lecteurs !

 

Bulle de discussion, phylactère de BD rose, sur fond bois

Les commentaires et les interactions sur les sites d’information sont en voie de disparition. Mauvaise nouvelle pour les médias qui ne font ainsi qu’accentuer leurs difficultés, sur le long terme.

26/8/18. Le mouvement est assez général, en France ou francophonie et dans le monde. De nombreux éditeurs, effrayés par la mauvaise qualité des interactions – grossièretés, insultes, fausses nouvelles… ont décidé depuis environ deux ans, de supprimer les commentaires de leurs sites.

Une fois de plus, l’utopie Internet d’une société revitalisée par la technologie, en prend un coup. Non, il ne suffit pas de donner aux gens le pouvoir de s’exprimer pour créer une démocratie participative.

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Native advertising : huit règles à suivre si l’on ne veut pas tuer les médias

coca-cola-marketing-mediaculture.fr

“Brand-content”, marketing éditorial, “native advertising” …  le contenu de marque est la nouvelle marotte des experts du marketing qui ne jurent plus que par le “storytelling”. Ils ne sont pas les seuls : les médias s’y mettent aussi, soucieux de retrouver les faveurs des annonceurs. Une bonne idée, à condition de respecter quelques règles.

Les mots ont changé, mais le fond reste le même : on parle bien de publi-rédactionnel, d’infomertial ou, en anglais d'”advertorial”. Un contenu crée par une marque pour la marque. Il y a toutefois deux grands changements.

D’abord, la forme s’est modernisée. Il n’y a plus grand chose à voir entre les clips de RedBull (ci-dessous) et les traditionnels encarts publicitaires dans les magazines qui attirent l’attention du lecteur en jouant sur la confusion avec du contenu journalistique. Le brand-content est à la publicité ce que cette dernière était à la réclame, ou cro-magnon à Néanderthal : un cousin plus éduqué.

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Journalisme en mutation : six leçons à retenir du Journocamp, les "bidouilleurs" de l’info

Rubik's cube journocamp Google - ©Journocamp

Eloge du plaisir de la complexité chez Google aussi – ©Journocamp

Le 3 avril 2014 a eu lieu le Journocamp, premier barcamp français de journalistes (mais pas que) dans les locaux de Google, à Paris. Une centaine de membres de la communauté Google+ des “journalistes qui tâtent un peu des outils modernes” se sont retrouvés pour échanger conseils et bonnes pratiques à propos des nouveaux outils, formats ou tendances éditoriales. Voici ce que j’en retiens.

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Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (2/2)

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste -mediaculture.fr

Suite de cette riche matinée organisée par le Geste jeudi 25 avril dans les locaux de l’Express-Roularta. Les différentes intervenants nous ont livré leurs dix pistes de travail pour mieux monétiser les contenus sur Internet.

1- PROPOSER DES FORMATS PUB INNOVANTS

Face à l’érosion de la publicité display traditionnelle au CPM (laquelle a perdu 55 millions € de chiffre d’affaires en 2012), il faut se montrer imaginatif. Il y a bien sûr les dispositifs “ROI-istes” de type CPC (coût par clic), CPL (coût par lead) ou même CPA (coût par action : vote, partage, like, achat…).

Il y a aussi le marketing éditorial, baptisé aussi “brand-content” ou encore “native advertising” (un terme marketing lui-même soigneusement choisi pour vendre le principe). En gros il s’agit du recyclage plus subtil du publi-rédactionnel de papa.

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Presse et contenus en ligne : les défis de la monétisation (1/2)

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Accueil table ronde Geste-mediaculture.fr

Le Geste organisait une série de tables rondes jeudi 25 avril autour de l’évolution des modèles économiques de la presse. Une matinée entamée par David Targy, spécialiste de l’analyse sectorielle, qui a d’abord réalisé un état des lieux chiffré. Avant d’aborder les défis qui attendent la presse en ligne : audience, monétisation, diversification. Première partie du dossier (en 2 articles).

PRESSE EN LIGNE : UN NAIN EN TERMES DE CHIFFRE D’AFFAIRE ET D’EFFECTIFS

Le secteur est assez concentré : il existe plusieurs centaines d’éditeurs, mais seulement une trentaine qui ont un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions d’euros. Le top 10 des sites représente 62% du chiffre d’affaire du secteur.

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Les clés de la social TV

Les clés de la social tv - mediaculture.fr

Téléviseur social ©Roadsidepictures via Flickr.com

NPA Consulting présentait mardi 16 avril 2013 ses nouveaux outils de mesure en télé sociale. Le cabinet  y livrait ses “clés” de compréhension du phénomène. L’occasion de mettre à mal quelques idées reçues sur la télévision sociale.

76 % des personnes regardent désormais la télévision avec un smartphone ou une tablette dans les mains. Le développement du “second écran” dont certains estiment d’ailleurs qu’il est devenu le premier explique l’engouement actuel pour la social TV.

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