Aides à la presse : il est grand temps de remettre tout à plat…

 

Il est l’or de faire les comptes – ©27117418@N07 via flickr.com

Comment  rendre les aides à la presse plus justes et efficaces ? C’était l’objet principal de la 3e journée de la presse en ligne, le 19 octobre 2012. Un événement organisé par le Spiil, le syndicat de la presse indépendante d’information en ligne. 

L’aide à la presse en France ne date pas d’hier. Une bonne part du système remonte à la Libération et ses fameuses ordonnances de 1944. Il s’agissait alors d’une refondation profonde de la presse destinée à assurer son indépendance à l’égard des pouvoirs d’argent et du politique. L’idée était aussi de garantir le pluralisme de l’information.

D’où la création à l’époque de l’AFP, une coopérative d’information financée en partie par ses membres, en partie par l’Etat, et dont la représentation paritaire assurait son indépendance théorique. D’où également la mise en place d’une aide de l’Etat à la presse d’Information générale, celle qui remplit une mission citoyenne coûteuse qui consiste à enquêter, vérifier l’information, envoyer des journalistes sur place…

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Les grands groupes médias peuvent-ils encore innover ?

Crédits photo © : Advocate Hypermedia Teleportd, WedoData

Hier soir à la Cantine avait lieu une conférence intitulée “quelles synergies entre start-ups et groupes médias”. Une salle bondée, un animateur charismatique, des intervenants de qualité… Ce que je retiens de cette soirée.

POURQUOI LANCER UNE START-UP ?

Pour avoir la liberté de créer, pour se libérer des pesanteurs d’une grosse structure, pour sortir le nez du guidon (“eh, il faut boucler le mag, dis, y’a un hors série à faire…” et avoir à nouveau le temps d’inventer et de se faire plaisir.

C’est en substance la motivation des jeunes entrepreneurs réunis ici, de Karen Bastien (WedoData), à Yann Gueguan (Rue89) en passant par les jeunes Léon Buchard (Téléportd) ou Stanislas de Livonnière (Advocate hypermedia)

LES GROSSES MACHINES, FORCÉMENT IMMOBILISTES ?

Pour Jean-Marc Manach, oui ! Du temps du monde.fr où il travaillait (en 2007), on lui avait simplement interdit d’insérer un lecteur Youtube dans une page web. Il a bravé l’interdiction, et fini par convaincre sa hiérarchie de l’intérêt de la chose, mais que de résistances ! (En mon temps chez AOL, c’était le service juridique qu’il avait fallu outrepasser pour pouvoir embarquer des séquences vidéo).

Corinne Denis, directrice des nouveaux médias de l’Express Roularta, se souvient de l’époque où elle bataillait en interne pour promouvoir le media Internet. Depuis son message a porté et certains, issus du web, ont pris du grade. Mais, elle comprend toutefois le point de vue des dirigeants : difficile d’investir dans des secteurs non rentables, plus naturel de se reposer sur ce que l’on connaît et qui rapporte de l’argent.

On dit que le rendement publicitaire est de 1 sur 100 entre la presse et Internet et de 1 sur 10 entre la pub web et la pub mobile… “Chez les journaux papiers, plus on peut retarder l’échéance du numérique, mieux on se porte”. Raison pour laquelle le groupe a préféré externaliser l’innovation à travers Express Ventures ? Cet incubateur de start-ups finance 10 projets par an sur trois ans.

Du côté de France-Télévisions, Eric Scherer se montre plus dur. Les résistances au changement sont partout ! Du côté des dirigeants, des journalistes et techniciens que la nouvelle donne bouscule… Le responsable de l’innovation du groupe télévisé a l’air fatigué. Il raconte ce moment où il évoquait la délinéarisation future du JT.

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